Je repars par la ''côte des falaises'', assez sauvage, mais tout de même relativement fréquentée. Superbe vue, mer bleue, quoiqu'un peu trouble; visite d'un ex-futur complexe hôtelier abandonné.
Puis, il faut trouver un logement pour la nuit. J'ai été toute la journée près de tas d'endroits superbes pour camper, mais maintenant, plus rien. La nuit tombée, je finis par trouver un petit chemin qui part dans des jardins potagers, apparemment plus ou moins abandonnés, un petit coin où les herbes ne sont pas trop hautes.
J'arrive le lendemain à Balchik; je suis le chemin de bord de mer, qui continue loin au delà de la ville. À un moment, je m'arrête pour tremper mes pieds dans l'eau. Je pense qu'ils en avaient très envie, puisqu'ils y sont allés tout seuls, sans attendre que j'ai retiré mes chaussures; bref, j'ai glissé. Pendant que je me lamente sur mes chaussures, je remarque qu'un jeune homme d'environ 25 ans s'est approché de moi discrètement. Il me propose de me baigner avec lui. Voyant poindre dans son oeuil une lueur suspecte, je décline poliment l'invitation, prétextant que j'ai encore beaucoup de chemin à faire et que je dois partir. Mes soupçons sont confirmés lorsque, en désespoir de cause, baissant son maillot de bain, il me propose d'un geste sans équivoque des relations qui dépassent de loin les manifestations normales d'amitié. Je décline cette fois sans ménagement et repars. Avez vous remarqué que je n'ai pas eu de crevaison depuis la Slovénie ? Je m'en faisais la réflexion le matin même... or, voici que quelques centaines de mètres après avoir quitté ce sombre individu, je remarque que mon pneu avant se dégonfle. Je tente d'abord la rustine, qui ne marche pas, comme d'habitude. Je remplace donc la chambre à air par ma dernière. J'en ai depuis retrouvé. Je crains de quitter Balcik sans avoir vu le palais de la reine de Roumanie, et son jardin botanique. Je retourne en arrière (par le haut, pour ne pas faire de mauvaises rencontres) et, après un long moment, je trouve le haut de la rue piétonne qui mène au jardin. Je descends la rue remplie d'échopes de souvenirs, quand je suis interpellé par un vendeur de chapeaux qui admire mon casque colonial et me dit :''i have the same, you want to buy a new ?'' Doutant franchement qu'il ait réellement ces couvres-chefs assez difficile à trouver, je me retourne à peine pour dire non merci (avec un gentil sourire, quand même...). J'arrive au jardin où je découvre que l'entrée est payante. Je rebrousse donc chemin (j'ai beau aimer les jardins, il ne faut pas pousser quand même), et je remonte la rue. Je repasse devant la boutique de chapeaux, et m'aperçois qu'effectivement, il y a des casque coloniaux, de plusieurs modèles (même le modèle anglais ridicule, tout en hauteur...). Mon choix se porte d'abord sur le modèle africain classique, identique au mien, mais il est gigantesque, et ma tête, pourtant assez grosse, ne le maintient pas. J'achète donc un modèle indochinois qui a très fière allure, et je pars tout content.
(Petite parenthèse pour les opposants au casque colonial, il m'a sauvé la vie hier, quand je me suis pris un linteau de porte en parpaing trop bas...) Il ne me manque plus qu'une douche pour être pleinement satisfait... Je décide de m'arrêter au premier camping; mais le premier camping propose des prix prohibitifs, et il n'y en eut jamais de second. Je m'arrête dans une forêt un peu avant Varna.
j'atteins Varna le lendemain, et vois au bord de la route deux gigantesques drapeaux de la Bulgarie et de l'Union européenne, et derrière, en haut d'une montagne de marches un monument soviétique.
Je trouve un chemin jusqu'en haut, et , faisant le tour du bâtiment, je vois une porte anciennement condamnée, et rouverte à coup de masse par des loubards du coin. Vous vous en doutez, c'est là que je me suis pris le linteau... je visite cet incroyable monument vandalisé, qui offre un spectacle époustouflant à l'intérieur. Plongé dans l'obscurité, je découvre une grande salle comme une sorte de chapelle, avec une étoile communiste en fond.
Sur le toit, vue panoramique. La journée est bien avancée, et je trouve une auberge de jeunesse assez loin, mais où je peux enfin prendre une douche (j'en avais vraiment besoin).
voilà pour cette fois. Vous voyez, ça valait bien une publication...
bises.



